
« Au rez-de-chaussée, je mettrai une immense cuisine pour que tous mes invités puissent s’asseoir autour d’une longue table en bois devant le feu. À l’étage, les chambres, toutes avec vue sur la ferme principale et la verdure qui s’étend derrière. Et derrière la grange, une piscine pour que les enfants jouent et profitent du soleil. »
Enfant, je passais ainsi mon temps : à imaginer, à transformer mentalement la grange de notre maison, à la voir remplie d’hôtes heureux. Des visiteurs du reste de la péninsule, des pays nordiques, des États-Unis et même du Japon !
J’ai toujours aimé rencontrer des gens d’autres régions du monde. Mes parents aussi. Malgré leur attachement à leur terre, le monde extérieur les fascinait. Mais les soins à apporter à la ferme ne nous permettaient pas de voyager autant que nous l’aurions souhaité.
Jusqu’au jour où, il y a sept ans, je me suis dit : si tu ne peux pas aller vers eux, invite-les chez toi ! Le moment était venu de réaliser mes rêves d’enfance.
C’est ainsi qu’est née Marcús Casa Rural
Oui, vous avez bien calculé : nous étions en pleine crise. Les difficultés financières du pays nous ont-elles arrêtés ? Pas du tout. Nous sommes optimistes. Nous savions qu’ensemble nous nous en sortirions et que nous aurions à nouveau envie de profiter des espaces verts, de courir dans les champs, de marcher en montagne et de rire en famille et entre amis.
En neuf mois, nous avions restauré la ferme où j’avais grandi. Nous l’avons ouverte au public le premier week-end de juin. La restauration a été une véritable folie, mais elle en valait la peine. L’émotion de ce premier jour était indescriptible. Mon mari, Manel, mes deux fils, Marc et Aran, et moi ne pouvions la contenir !
Pouvoir partager nos espaces, montrer à des hôtes d’autres régions et pays notre mode de vie, nos traditions, notre cuisine, nos valeurs et notre terre... C’était comme si tout prenait soudain un sens.
Quand le tourisme rural devient votre vie
Je suis convaincue d’être née pour tenir une maison rurale à Lleida. Ce qui me fascine particulièrement dans ce travail, c’est de raconter nos histoires et de voir l’intérêt dans les yeux de nos hôtes.
À l’endroit même où vous êtes assis, je passais des heures à jouer avec les bottes de paille. Là, c’était l’endroit préféré des chiennes pour mettre bas. Et ici, à l’entrée de la salle à manger, nous garions la remorque et déchargions les bottes.
Les petits détails de la vie rurale les fascinent. J’aime les partager, mieux connaître nos visiteurs et découvrir leurs histoires. Ce que je n’aime pas du tout, c’est les voir partir !
Je me console en sachant qu’ils repartent heureux, avec l’envie de revenir. Tous évoquent le bien-être ressenti en déconnectant du monde extérieur, la douceur de se sentir en famille et l’énergie retrouvée pour reprendre leur vie. Leur bonheur est pour moi une source infinie de satisfaction.
Et parfois, aujourd’hui encore, je m’assieds devant l’ancienne grange, à la même place que lorsque j’étais enfant, pour admirer notre maison rurale.
Le journal de Marcús
